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Aung San Suu Kyi

Posted on August 23 2012, 15:03pm

Categories: #isabelle goude

Aung San Suu Kyi, surnommée « la Dame de Rangoun », est une femme politique birmane, figure de l'opposition non violente à la dictature militaire de son pays, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991.

Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi est la fille du général Aung San qui a négocié l’indépendance de la Birmanie. Le 19 juillet 1947, presque six mois avant l'indépendance, son père est assassiné par des rivaux, alors que Suu Kyi n'a que deux ans.

Suu Kyi passe son enfance en Birmanie, part étudier en Inde, puis en Grande-Bretagne. En 1972, elle se marie à Michael Aris, un anglais rencontré à Oxford. Ils ont deux enfants, Alexander et Kim. Suu Kyi vit alors entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, car il fait à cette époque une étude sur l’Himalaya et le Tibet.

En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie afin de s’occuper de sa mère vieillissante. Cette année-là, le général Ne Win, leader du parti socialiste au pouvoir, perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations pro-démocratiques éclatent dans tout le pays. Elles sont violemment réprimées par l’armée. Une nouvelle junte militaire, le Conseil d'État pour la restauration de la Loi et de l'Ordre, prend le pouvoir le 18 septembre 1988.

Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Suu Kyi entre peu à peu en politique afin de travailler pour la démocratisation du pays. Le 27 septembre 1988, avec les anciens généraux Aung Gyi et Tin Oo, elle participe à la fondation de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), qui promeut des réformes politiques en Birmanie. Elle en devient la première secrétaire générale et un symbole du désir populaire pour la liberté politique.

En 1990 sont organisées des élections libres, remportées à plus de 80 % par la Ligue Nationale pour la Démocratie d'Aung San Suu Kyi. Les élections sont annulées et Aung San Suu Kyi, assignée à résidence ; elle n'a été libérée que le 13 novembre 2010.

Luc Besson a réalisé le film "the Lady" sur Aung San Suu Kyi, tourné avant sa libération, sorti le 30 novembre 2011.

The Lady séduit là où ne l'attendait pas : dans le registre du mélo. Le film est le récit d'un sacrifice. Assignée à résidence dans sa villa de Rangoon, Aung San Suu Kyi est séparée de ses deux garçons et de son mari anglais, restés à Oxford et interdits de séjour en Birmanie - hormis pour de brèves visites, dont la dernière en 1995. Michael Aris a soutenu le combat de sa femme, jusqu'à sa mort d'un cancer en 1999, à Londres. David Thewlis incarne ce professeur so british courant le monde pour arracher des soutiens diplomatiques en faveur de son épouse, avec un mélange touchant de fougue et de gauche­rie. Cette fois, on ne reprochera pas à Luc Besson de faire du tape-à-l'oeil : son montage parallèle entre sa captivité à elle et ses démarches à lui est simple mais efficace pour exprimer la douleur de la séparation. Emouvante séquence du Nobel : Michael et les enfants reçoivent la récompense à Oslo au nom de leur épouse et mère. « Suu » écoute la cérémonie en direct sur son pauvre poste de radio. Avant d'accompagner, au piano, le grand orchestre qui joue sa mélodie préférée à des milliers de kilomètres de là... (télérama).

Aung San Suu Kyi

L’un des discours les plus connus de Aung San Suu Kyi, Libérez-nous de la peur, commence ainsi :

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »

« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (...) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé. »

Aung San Suu Kyi

Le 13 novembre 2010, la police birmane enlève les barrières posées devant la résidence d'Aung San Suu Kyi permettant sa libération, après de longues années dans sa résidence sous surveillance permanente. Elle est depuis autorisée à se déplacer librement. Le 15 août 2011, elle a rencontré le président Thein Sein. Elle soutient l'ouverture engagée par le pouvoir, qui comprend notamment la libération de nombreux prisonniers.

Aung San Suu Kyi

Ayant été autorisée à se présenter aux élections législatives partielles de 2012, elle remporte très largement le scrutin et obtient ainsi son premier mandat officiel : celui de députée. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), remporte 40 sièges Toutefois, le parti reste très minoritaire dans la chambre basse qui compte 435 sièges, et les prochaines élections générales ne sont prévues que pour 2015.

Pour la première fois depuis 28 ans, la nouvelle députée a franchi les frontières de son pays le 30 mai 2012, pour un séjour de six jours en Thaïlande.

En juin 2012 elle effectue un tour d'Europe qui la conduit en Suisse,en Norvège,en Irlande, en Grande-Bretagne et en France. Son objectif est d'inciter l'Occident à soutenir la Birmanie sur la voie des réformes politiques et à favoriser son développement économique. Aung San Suu Kyi était en France du 26 au 29 juin 2012.

Le 9 juillet 2012, Aung San Suu Kyi siège pour la première fois comme députée à la chambre basse du Parlement.

Aung San Suu Kyi

Dernière minute :

Les médias officiels birmans ont annoncé lundi 27 août au soir un remaniement ministériel par lequel le président Thein Sein, qui multiplie les réformes depuis son arrivée au pouvoir en mars 2011, a promu ses alliés face aux conservateurs.

Quatre ministres-clés de son gouvernement ont été promus à la fonction de ministre auprès de la Présidence, dont le ministre des Chemins de fer Aung Min, acteur central des négociations de paix avec les rébellions des minorités ethniques.

Le ministre de l’Information Kyaw Hsann, connu pour son conservatisme, a été déchargé de ses fonctions et s’est vu confier le portefeuille obscur des Coopératives, dont le site Internet indique qu’il s’occupe du «bien-être socio-économique des coopératives» et des petites et moyennes entreprises (PME). Son départ, qui était attendu depuis des mois, intervient une semaine après l’annonce de la fin de la censure des médias et alors qu’une loi sur la presse, censée remplacer la très répressive loi de 1962, est en cours de discussion.

Ce remaniement confirme donc une tendance forte à l’affaiblissement des adversaires des réformes. Le nouveau pouvoir, à qui la junte sortante avait passé le relais en mars 2011, sans effusion de sang et dans le cadre d’un processus maîtrisé, a aussi multiplié les gestes en direction d’ Aung San Suu Kyi, désormais député de l’opposition. Il a libéré des centaines de prisonniers politiques, réussissant à gagner la confiance de l’Occident. L’Union européenne a ainsi suspendu ses sanctions et les États-Unis ont nommé un ambassadeur.

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