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j'irai dormir en Israël

Posted on August 8 2012, 10:15am

Categories: #isabelle goude

j'irai dormir en Israël

Dans cette émission, Antoine de Maximy veut rencontrer l'israélien moyen, celui dont on ne parle pas dans les médias. Il commence son voyage dans la ville sainte de Jérusalem. Malgré les regards hostiles, il essaie de s'immiscer dans la communauté juive ultra-orthodoxe. Certains sont plus ouverts que d'autres. Il rencontre Moshé et Benyamin qui lui dévoile un peu de leur vie. A Tel Aviv, l'atmosphère est complètement différente, il y rencontre Gil et ses amis. Antoine arrive ensuite dans un village musulman d'Israël, puis dans un kibboutz où il est reçu par Amos et sa famille.

j'irai dormir en Israël

Révérée par le judaïsme, l'islam et la chrétienté, cette terre qui a vu passer les Egyptiens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Croisés, les Arabes, les Mamelouks et les Anglais est l'un des lieux les plus chargés d'histoire au monde.

Terre promise, terre de religions, de conflits, de passion, terre qui enflamme l'imagination au point de pousser certains au fanatisme et à la violence.

j'irai dormir en Israël

Le cinéma israélien est souvent porteur de messages forts.

Les Citronniers est un film réalisé par un israélien, Eran Riklis, sorti le 23 avril 2008.

Salma vit dans un petit village palestinien de Cisjordanie situé sur la Ligne verte qui sépare Israël des territoires occupés. Sa plantation de citronniers est considérée comme une menace pour la sécurité de son nouveau voisin, le ministre israélien de la Défense. Il ordonne à Salma de raser les arbres sous prétexte que des terroristes pourraient s'y cacher. Salma est bien décidée à sauver coûte que coûte ses magnifiques citronniers. Quitte à aller devant la Cour Suprême afin d'y affronter les redoutables avocats de l'armée soutenus par le gouvernement.

Mais une veuve palestinienne n'est pas libre de ses actes surtout lorsqu'une simple affaire de voisinage devient un enjeu stratégique majeur. Salma va trouver une alliée inattendue en la personne de Mira l'épouse du ministre. Entre les deux femmes s'établit une complicité qui va bien au-delà du conflit israélo-palestinien.

Salma doit escalader une clôture pour accéder à son propre verger. Son taxi est obligé de couper à travers champs et a du mal a franchir un barrage militaire pour la conduire a Jérusalem. De son côté, Mira est cantonné au périmètre de sa maison, tandis que son regard ne cesse de buter sur le verger, le mirador et le grillages... Sans discours, par sa mise en scène, le réalisateur réussit à montrer que si la Palestinienne n'est pas libre, l'Israélienne ne l'est pas vraiment non plus.

L'argument reprend le contentieux ayant opposé un plaignant palestinien et Shaoul Mofaz, ministre de la défense israélien (2002 - 2006) qui, dans un contexte similaire à celui exposé dans le film, avait obtenu l'arrachage de citronniers jouxtant son terrain.

Autre film, My Father, My Lord est un film dramatique israélien réalisé et écrit par David Volach, sorti le 23 août 2007 en Israël et le 23 avril 2008 en France. Diffusé sur la chaîne arte le 4 janvier 2012.

Un quartier religieux de Jérusalem. Menahem est un jeune garçon de dix ans qui aimerait vivre comme tous les petits garçons de son âge. Mais il est obligé de suivre le rythme de ses parents. Son père, le Rabbi Abraham, qui le traîne pour les prières et toutes les cérémonies ayant trait à la foi, de l'école religieuse à la synagogue.

La famille Eidelmann est une famille très respectée dans sa communauté juive orthodoxe. Le père est un vieux rabbin qui suit à la lettre les préceptes de la religion, et les inculque au quotidien à son fils de 10 ans. La mère, plus jeune, vit dans l'ombre de son mari. Il y a de l'amour mais aussi beaucoup d'austérité dans la vie de cette famille dont le quotidien est rythmé par les rites et les obligations de la foi. Lors de vacances passées sur le rivage de la mer morte, sur la plage de Ein Fesh'ha (Einot Tzukim), les femmes et les hommes se séparent, selon la tradition, pour rejoindre chacun leur plage. L'enfant reste avec son père. Un moment de prière viendra briser à tout jamais la routine de leur vie.

Une bouteille à la mer est un film de Thierry Binisti. Écrit avec Valérie Zenatti, il est adapté d'un des romans de celle-ci, Une bouteille dans la mer de Gaza, s'inspirant de son expérience personnelle ; le film a été tourné en Israël en 2010. Il a reçu de nombreux prix.

Tal est une jeune Française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi.

Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples.

Elle glisse la lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère pour qu’il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire.

Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse d’un mystérieux "Gazaman"...

Critique Télérama du 08/02/2012 : "De ce film qui s'ouvre sur le vacarme effrayant d'un attentat à la bombe au coeur de Jérusalem-Ouest, la première qualité est le charme. Celui de ses personnages, celui de leur jeunesse. Le film rend attachantes la spontanéité des personnages, leur manière de s'approprier le conflit israélo-palestinien sans se laisser dicter des réponses par les adultes. Leurs e-mails rythment le film. Lus en voix off, ils font surgir le quotidien (« Il fait froid, j'ai­me l'hiver à Jérusalem »), une réalité proche du documentaire, comme lorsque Tal assiste à la cérémonie du treizième anniversaire de l'assassinat d'Yitzhak Rabin. Même impression de vérité du côté de Naïm, alors que le réalisateur n'a pu tourner à l'intérieur de Gaza."

et aussi le sel de la mer, film d'Annemarie Jacir, palestinienne vivant en Jordanie, sorti en 2008.

Soraya, 28 ans, née et élevée à Brooklyn, décide de rentrer s'installer en Palestine, le pays d'où sa famille s'est exilée en 1948. Dès son arrivée à Ramallah, Soraya cherche à récupérer l'argent de ses grands-parents gelé sur un compte à Jaffa mais elle se heurte au refus de la banque. Sa route croise alors celle d'Emad, un jeune Palestinien qui, au contraire d'elle, ne souhaite qu'une chose, partir pour toujours. Pour échapper aux contraintes liées à la situation du pays mais aussi pour gagner leur liberté, Soraya et Emad devront prendre leur destin en main quitte à transgresser les lois. Dans cette course à la vie, ils nous emmèneront sur les traces de leur Histoire en Palestine perdue.

critique télérama : "Au dernier festival de Cannes, lorsque la réalisatrice, les producteurs et les acteurs sont venus présenter Le Sel de la mer, tous sont montés sur l'estrade coiffés d'un keffieh palestinien. Car ce road-movie entre les territoires occupés et Israël, ce film tourné sur place, notamment à Ramallah, avec des comédiens très impliqués personnellement, est tout autant le premier long métrage d'une femme de cinéma que le cri de colère, intime et politique, d'une Palestinienne. La sincérité du message, l'urgence que semble éprouver la cinéaste à dire cette histoire, pallient les imperfections du récit.

Quand Soraya, petite-fille de réfugiés palestiniens élevée à New York, découvre la terre de ses ancêtres, c'est un pèlerinage douloureux, magique, décisif. En 1948, l'Etat d'Israël s'est créé au prix de la « nakba », la catastrophe en arabe : le déplacement de centaines de milliers d'Arabes, dont les familles des deux comédiens, Suheir Hammad et Saleh Bakri. Ainsi se confondent-ils avec leurs personnages qui ont eux aussi reçu la colère en héritage et vont partir à la conquête de cette terre volée, de ces ruines interdites. Et de l'illusion d'une liberté.

A la manière d'un documentaire, les meilleures scènes prennent le temps de montrer des situations qu'on devine réalistes et quotidiennes : l'arrivée de Soraya à l'aéroport, la fouille, les questions, le soupçon, l'humiliation. La séquence dure plus de cinq minutes, elle ouvre le film et donne le ton. De même la visite surréaliste à la banque, où elle veut récupérer les économies de son grand-père : datant d'avant 1948, le compte n'existe plus... et l'argent non plus. A l'inverse, les grandes conversations philosophiques manquent de crédibilité et parfois de justesse. Emad, prisonnier de Ramallah depuis dix-sept ans, dont le seul rêve est de pouvoir partir, et Soraya l'exilée, l'Américaine, pour qui vivre en Palestine semble le seul moyen d'apaiser sa colère, incarnent les deux visages d'une Palestine qui empoigne le cinéma pour mieux plaider sa cause."

et enfin des livres à lire : l'attentat, de Yasmina Khadra.

Amine est un Arabe israélien qui a réussi, il a un bon travail comme chirurgien, est bien intégré en Israël et vit heureux avec sa femme, Sihem. Un jour, une femme kamikaze se fait exploser dans un restaurant bondé de Tel-Aviv. Amine passe sa journée à opérer les nombreuses victimes de l'attentat. On l'appelle chez lui, en plein milieu de la nuit, pour lui demander de revenir d'urgence à l'hôpital où on lui annonce que le kamikaze était sa femme. Tout le bonheur d'Amine est d'un coup remis en cause. Après une phase d'incrédulité, Amine entreprend de comprendre le geste de sa femme, ce qui l'emmènera au cœur des villes palestiniennes ravagées par la guerre, dans les fiefs des terroristes et l'obligera à regarder en face un conflit qu'il avait réussi jusque là à ignorer, à être confronté à une logique qui lui est étrangère.

j'irai dormir en Israël

Une femme fuyant l'annonce de David Grossman. Prix Médicis Etranger 2011.

A travers la destinée d'une famille israélite, l'auteur retrace la grande et la petite histoire d'Israel. Un récit émouvant en partie autobiographique. David Grossman a perdu son fils, tué au combat le 12 août 2006.

Ora, une femme séparée depuis peu de son mari Ilan, quitte son foyer de Jérusalem et fuit la nouvelle tant redoutée : la mort de son second fils, Ofer, qui, sur le point de terminer son service militaire, s’est porté volontaire pour « une opération d'envergure » de vingt-huit jours dans une ville palestinienne. Comme pour conjurer le sort, elle décide de s’absenter durant cette période : tant que les messagers de la mort ne la trouveront pas, son fils sera sauf. La randonnée en Galilée qu’elle avait prévue avec Ofer, elle l’entreprend avec Avram, son amour de jeunesse, pour lui raconter son fils. Elle espère protéger son enfant par la trame des mots qui dessinent sa vie depuis son premier souffle, et lui éviter ainsi le dernier.

À travers le destin bouleversant d’une famille qui tente à tout prix de préserver ses valeurs et ses liens affectifs, l’auteur nous relate l’histoire de son pays de 1967 à nos jours et décrit avec une force incomparable les répercussions de cet état de guerre permanent sur la psyché des Israéliens, leurs angoisses, leurs doutes, mais aussi la vitalité, l’engagement, et l’amour sous toutes ses formes.

David Grossman, né à Jérusalem en 1954, est l'auteur réputé de nombreux romans abondamment primés, d’essais engagés qui ont ébranlé l'opinion israélienne et internationale

j'irai dormir en Israël

et Ailleurs peut-être, premier roman de Amos Oz, l'écrivain israélien le plus connu au monde. Il est le cofondateur du mouvement La paix maintenant et l'un des partisans les plus fervents de la solution d'un double État au conflit israélo-palestinien.

Thème de son livre : Que se passe-t-il dans un kibboutz israélien à trois kilomètres de la frontière jordanienne ? La vie de tous les jours avec ses petits drames et ses joies naïves noyées dans la fraternité d'une collectivité au travail pour une même cause. Reouven Harich, poète et instituteur, abandonné par sa femme, Eva, qui lui a préféré le luxe tapageur d'un Juif retourné en Allemagne, reporte toute son affection sur sa fille Noga et son fils Gaï. Et puis, il a une liaison avec la femme de Ezra Berger, Bronka. Noga, elle, a l'espièglerie de ses seize ans, et repousse les élans maladroits de son jeune amoureux pour se jeter dans les bras du rustre Ezra Berger. Et c'est de nouveau le drame, sordide.

Peintre réaliste du kibboutz, Amos Oz n'en manie pas moins avec talent une ironie voilée de tendresse qui donne toute sa saveur au livre. Il se fait l'oreille complaisante de la médisance pour mieux nous révéler la psychologie de ses personnages dont il brosse les portraits colorés et attachants dans un texte d'une admirable qualité littéraire.

Extrait du livre :

Un village idyllique, messieurs-dames

Je vous présente le kibboutz de Metsoudat-Ram.

Dans une symétrie absolue, s'élèvent les bâtiments sur le fond vert de la vallée. Des arbres feuillus, loin de briser l'unité du tableau, en atténuent la sévérité et lui donnent du relief.

Les maisons sont blanches, la plupart coiffées d'un toit rouge. Cette teinte dominante assaille le regard ; on dirait qu'une herse de cuivre a été lancée à l'as­saut des montagnes qui ferment l'horizon à l'est, de bout en bout. Massifs déchiquetés et arides, enchevê­trés de crevasses, rocailleux et nus, au pied desquels s'étend le village. Dans la grisaille de leurs plis, un ballet d'ombres mélancoliques tourne doucement avec le soleil, comme pour égayer leur désolation.

Au bas des pentes, sur les premières terrasses, s'étire la frontière entre Israël et l'ennemi. Cette ligne de démarcation, que les cartes géographiques représentent par un épais trait vert, n'est pas perceptible à l'oeil nu pour le visiteur : elle ne coïncide pas avec le pli naturel qui sépare la vallée souriante des montagnes moroses, car Israël empiète sur les pans des hauteurs, à la rencontre de la nudité désolée. Mais nul ne peut oublier, même un instant, l'existence de cette ligne abstraite. Ainsi se creuse un fossé entre l'oeil l'esprit, ou pour être exact, entre la géologie et la politique.

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