Les ruines de l'Abbaye de Vauclair s'élèvent au pied du versant nord du Chemin des Dames, au milieu d'un site mystique. La destruction presque totale des bâtiments en 1917 s'est produite sous les feux direct de l'artillerie. Il ne reste plus aujourd'hui que des vestiges.
Le 23 mai 1134, un groupe de moines de la communauté de l'Abbaye de Clairvaux prit possession de cette nouvelle abbaye cistercienne, la quinzième "fille" de Clairvaux.
Située dans une vallée orientée d'est en ouest, saint Bernard lui donna le nom de Vauclair (Vallis clara), nom inversé de l'abbaye mère (Clara vallis). Aidée par les dons de riches familles, l'abbaye prospéra rapidement en se dotant de nombreuses terres et fermes.
Elle fut construite à une quinzaine de kilomètres au sud de Laon, dans la vallée de l'Ailette, sur un lieu où se trouvait déjà une église et que l'évêque céda à saint Bernard avec tous ses droits et dépendances. L'Abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1970.
visite virtuelle de l'Abbaye à voir sur ce site internet
Le Chemin des Dames se situe dans le département de l'Aisne, entre Laon et Soissons. Long d'une petite trentaine de kilomètres, il passe par la ligne de crête située entre la vallée de l'Ailette et la vallée de l'Aisne.
Le Chemin des Dames est entré dans la mémoire collective pour avoir été le théâtre de plusieurs batailles meurtrières de la Première Guerre mondiale.
Mais la tragique réputation du Chemin des Dames vient de l'offensive imaginée et dirigée par le général Nivelle durant le printemps 1917. Cette offensive est un cruel échec pour les armées françaises : alors que Nivelle pensait que l'avancée serait foudroyante,, Laon (située à une quinzaine de kilomètres à vol d'oiseau) devant être atteinte en fin de journée, le front allemand est à peine entamé. Pendant de nombreux mois, les armées allemandes et françaises se disputent le plateau.
Le bilan de l'offensive est difficile à établir. Les pertes françaises ont été souvent sous-évaluées en ne s'intéressant qu'aux pertes subies entre le 16 et 29 avril. Or, les combats se poursuivent jusque fin juin. Il convient alors de regarder les pertes sur les mois d'avril, mai et juin. Lors des comités secrets réunissant les députés du 29 juin au 7 juillet, le député Favre estime les pertes à près de 200 000 hommes côté français au bout de deux mois d'offensives. Quant aux pertes allemandes, elles sont encore plus difficiles à évaluer.
C'est après cette grande tuerie que se développèrent dans l'armée française des mutineries.
Cette offensive n'a jamais occupé la même place dans la mémoire nationale que la bataille de la Somme ou que la bataille de Verdun. Il est en effet beaucoup plus difficile de commémorer une défaite...
Constellation de la douleur.
Sculpture de Christian Lapie. Oeuvre qui rend hommage à ces milliers d'hommes venus des ex-territoires d'Afrique occidentale française. Au matin du 16 avril 1917, plus de 15 000 tirailleurs sénégalais s'élancent à l'assaut des crêtes du Chemin des Dames. Dans la seule journée du 16 avril, plus de 1400 "sénégalais" meurent dans les combats. Au total, durant la guerre 14-18, environ 30 000 tirailleurs de l'Afrique occidentale ont perdu la vie, et nombreux sont revenus blessés ou invalides.
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