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Six suites for Cello Solo

Posted on September 30 2012, 08:27am

Categories: #isabelle goude

A la veille de fêter ses 50 ans, le violoncelliste hollandais Pieter Wispelwey n'a pas mégoté sur son cadeau d'anniversaire : enregistrer les six suites de Bach pour violoncelle seul pour la troisième fois de sa carrière. La bonne ? Celle qui emporte la décision, suscite l'adhésion inconditionnelle ? Celle, en tout cas, où l'interprète, par le choix de son instrument et de son réglage, prend le plus de risques, s'investit avec l'engagement le plus farouche et le plus mûri. Le résultat est à la hauteur de l'ambition affichée. Et à l'image de cet ado quinquagénaire, de son allure juvénile d'étudiant bourlingueur : une version passionnée et buissonnière, nourrie de l'érudition la plus savante, et pourtant dégagée de tout conformisme scolaire.

Ni lubie d'un interprète monomaniaque, ni caprice d'une star narcissique, la récidive discographique de Pieter Wispelwey n'est d'ailleurs pas un cas isolé. Elle semble s'imposer comme un impératif catégorique à tout violoncelliste de renom — le vétéran Anner Bylsma, compatriote de Wispelwey, l'Américain Yo-Yo Ma ont gravé deux fois cette bible de leur répertoire. Depuis leur remise à l'honneur à l'aube du xxe siècle par le légendaire Pablo Casals, les Suites de Bach ne sont pas seulement l'évangile qui accorde à un instrument encore balbutiant au xviiie siècle ses Tables de la Loi, ses lettres de noblesse, face à la viole de gambe, plus ancienne et plus aristocratique. Elles recèlent aussi un eldorado musical, inépuisable de trésors d'inventions d'écriture ou de trouvailles de sonorités.

Pieter Wis­­pel­wey a tranché. Il a accordé les cordes en boyau de son violoncelle baroque au diapason en vigueur à la cour de Köthen à l'époque où Bach composait justement ces Suites pour violoncelle — un diapason inhabituellement bas, à 392 hertz, un ton entier au-­dessous du diapason moderne. Aux cordes en boyau, plus chaleureuses et plus expressives que les cordes modernes en métal, ce diapa­son grave ajoute encore du moelleux, du « glamour », s'amuse Pieter Wispel­wey. Mais aussi une justesse plus fragile. Très éloignées de celles du violon­­celle contemporain, ces sonorités plus drues, plus pénétrantes, permettent de s'aventurer plus loin dans les stra­tagèmes secrets de Bach, de mieux débusquer les résonances cachées de ses polyphonies.

Ce diapason grave était aussi celui que Lully utilisait pour ses tragédies lyriques. Comme ces dernières, les Suites de Bach, telles que les magnifie l'interprétation théâtrale de Pieter Wispelwey, mêlent danse et déclamation, mouvements sans pas et discours sans mots. Dans une envolée d'un souffle décoiffant. A éteindre d'un coup les cinquante bougies d'un gâteau d'anniversaire... — Gilles Macassar - Télérama -

Pieter Wispelwey est un violoncelliste néerlandais (né en 1962 à Haarlem, Pays-Bas).

Pieter Wispelwey étudie à Amsterdam avec Dicky Boeke et Anner Bylsma, puis avec Paul Katz aux États-Unis et William Pleeth en Grande-Bretagne. En 1992, il est le premier violoncelliste à remporter le Prix Musical des Pays-Bas, remis aux jeunes musiciens hollandais les plus prometteurs.

Violoncelliste virtuose, Pieter Wispelwey est reconnu à la fois pour ses interprétations sur instrument moderne et sur instrument baroque. En particulier, son enregistrement des Six Suites pour violoncelle seul de Bach a été particulièrement salué.

Son répertoire s'étend des baroques (Bach, Vivaldi, Telemann, etc.) aux compositeurs du XXe siècle et contemporains (Lutosławski, Chostakovitch, Kodály, Britten, Carter, Rudolf Escher, etc.).

Il propose des interprétations originales, de celles qui lui ont valu une réputation "d'enfant terrible" .

Six suites for Cello Solo
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