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Girafada

Posted on May 14 2014, 09:43am

Categories: #isabelle goude

Girafada

... conte politique à hauteur d’un enfant et d’une girafe...

Girafada est la contraction des deux mots « girafe » et « Intifada ». C'est un conte inspiré de faits réels, une autre vision du conflit au Proche-Orient. La Palestine avec les yeux d'un enfant… et d'une girafe ! C'est le premier long métrage du réalisateur palestinien Rani Massalha.

« Girafada » : quand la fiction redonne une chance à la réalité

Le Monde.fr -| 22.04.2014

Au cœur du conflit israélo-palestinien, les préoccupations de Yacine pourraient sembler bien anecdotiques : vétérinaire dans le dernier zoo de Palestine, il élève seul son fils Ziad, un jeune garçon un peu solitaire fasciné par les girafes. Lorsque le mâle girafe meurt et que la femelle se laisse dépérir, Yacine, bouleversé par le désespoir de son fils, décide de faire tout son possible pour ramener un nouveau mâle dans le zoo. Ses efforts vont le ramener bien malgré lui en plein cœur de la guerre…

D’origine palestinienne, Rani Massalha s’est inspiré pour sa première réalisation d’un fait divers dans lequel il a lui-même joué un rôle particulier : lors de la mort de l’une des girafes du zoo de Qalqiliya (Cisjordanie) au cours de la seconde Intifada, il y a une dizaine d’années, il a tenté depuis Londres d’y faire transférer un autre mâle depuis un zoo israélien. Sa tentative échoua. Celle de ses personnages réussira-t-elle ?

le CINEMA, terre de tous les possibles

Sans en dévoiler la chute, on se contentera de dire que Girafada n’est ni un conte de fées, ni une revanche, mais sans doute possible une seconde chance accordée par la fiction à une réalité douloureuse. Du haut de ses 10 ans mal à l’aise, Ziad, un peu rondouillard et guère aimé de ses camarades, incarne le mélange d’espoir et d’amertume que laisse planer sur tout le film cette rencontre entre le cinéma, terre de tous les possibles, et les souvenirs.

Aussi têtu que fragile, le petit garçon traverse la guerre à sa manière, sans que l’on puisse bien faire la part de la naïveté et celle du défi. Plus lucide sur les dangers du présent et ses conséquences sur l’avenir, le regard des adultes n’est pourtant pas voué à se présenter aux yeux du spectateur avec plus de pertinence : toute absurde qu’elle puisse paraître dans le contexte, la quête de Ziad est peut-être la seule à faire sens.

pas de manichéisme

Pour faire passer ce message, Rani Massalha opte pour une narration très classique, un peu convenue parfois dans l’enchaînement des séquences et la manière de faire évoluer les états d’âme de l’enfant. Le spectateur adulte trouvera sans doute un peu frustrant le tableau elliptique du conflit. Mais les jeunes adolescents à qui ce film est destiné, en revanche, trouveront un sujet de réflexion d’autant plus intéressante dans cette peinture de l'absurdité guerrière que Rani Massalha parvient à esquiver le manichéisme, auquel son histoire mi-réelle se prêtait pourtant facilement.

Girafada
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