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Traviata et nous

Posted on October 28 2012, 17:28pm

Categories: #isabelle goude

Traviata et nous

Documentaire de Philippe Béziat. Sortie 24 octobre 2012.

Printemps 2011, Jean François Sivadier met en scène La Traviata, à Aix en Provence, sous la direction de Louis Langrée. Natalie Dessay est Violetta. Pendant deux mois, des salles de répétitions aux coulisses du Théâtre de l'Archevêché, une équipe de cinéma a suivi leur travail au plus près. Pour essayer de comprendre comment se reproduit et se renouvelle la magie de cet art, de cette oeuvre, de ce mythe et... de cette femme.

Festival d'Aix-en-Provence, été 2011 : les répétitions de La Traviata, de Verdi, ont commencé au Théâtre de l'Archevêché, deux mois avant la première. Un luxe, dans le monde pressé de l'art lyrique. Le plateau est désert : avec Jean-François Sivadier, la mise en scène d'opéra aime le vide. L'équipe du réalisateur Philippe Béziat en profite pour occuper le terrain, et filmer, au plus près des corps et des visages, ce cheminement à tâtons des chanteurs vers leur personnage. Le sésame, c'est l'émotion vraie, puisée à vif, exprimée à nu. « Le public te suivra s'il sent ta fragilité, si tu n'as rien à lui représenter que ta vie », conseille l'homme de théâtre à une Natalie Dessay aussi impatiente que lui de débarrasser des poncifs qui la banalisent l'héroïne du répertoire la plus souvent incarnée, avec la Carmen de Bizet : ensevelie sous des crinolines louis-philippardes (Teresa Stratas dans le film-opéra de Franco Zeffirelli) ou corsetée dans des fourreaux fin de siècle (Maria Callas dans la mise en scène de Luchino Visconti, à la Scala de Milan).

Natalie Dessay joue l'anti-falbala : robe à jupons au début, déshabillé de satin à la fin, linceul fatigué pour une suicidée de la société. Pas de camélia, non plus, mais un bouquet de fleurs des champs, offert à Violetta par Alfredo au début de l'opéra, avant qu'il ne se déclare. Le ténor américain Charles Castronovo s'est agenouillé aux pieds de sa partenaire. Jean-François Sivadier lui a passé le message véritable que l'amoureux transi transmet à son idole blasée : « Ce que je te chante, là, c'est si important que tu vas t'en souvenir toute ta vie. » Nous aussi, on se souviendra de ce couple idéal de jeunesse et de beauté, trop évident pour ne pas se former, trop parfait pour ne pas se briser. Le film de Philippe Béziat, comme la mise en scène de Jean-François Sivadier, lui offre l'épithalame le plus fervent. — Gilles Macassar - Télérama -

Œuvre majeure du répertoire lyrique dotée d'un célèbre prélude romantique, La Traviata (1853) fait partie, avec Rigoletto (1851) et Il trovatore (1853), de cette fameuse « trilogie » qui a donné une gloire internationale à Verdi. Opéra en trois actes créé d'après le roman d'Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias (1848).

L’action se déroule à Paris et dans ses environs autour de 1850.

Alfredo Germont, jeune homme de bonne famille, tombe éperdument amoureux d’une courtisane, Violetta, lors d’un dîner chez des amis communs. Par amour, Violetta délaisse totalement ses nombreux amants pour vivre une folle passion avec Alfredo, mais c’est sans compter sur le père moralisateur d’Alfredo, qui la persuade au nom de la conception bourgeoise de la moralité d'abandonner son fils. Violetta écrit alors une lettre de rupture à Alfredo sans expliquer les réelles raisons de leur séparation, rendant Alfredo fou furieux. La maladie dont elle était atteinte réapparaît, et c'est seule en compagnie de sa fidèle camériste que Violetta se meurt. Par une lettre de son père, Alfredo apprend qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer et que le responsable de leur séparation n’est autre que son père. Furieux et repentant, il accourt auprès de Violetta, mais trop tard : rongée par la phtisie, Violetta meurt dans ses bras.

autre création de La Traviata, au Zurich Opera en 2005.

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